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  • André Chassaigne
  • Député du Puy-de-Dôme, Président des Députés du Front de Gauche et du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée nationale
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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 11:03

 A Clermont-Ferrand, les communistes ont finalement fait massivement le choix d’une liste de rassemblement avec le Parti socialiste dès le premier tour. Je tiens ici à saluer cette annonce et leur esprit de responsabilité. Depuis des mois, ils étaient pourtant résolument engagés dans la construction, pour ce premier tour, d’une liste du Front de Gauche. Malheureusement, la constitution de cette liste au service des Clermontoises et des Clermontois a été rendue impossible par l’intransigeance de deux des quatre composantes de notre rassemblement. Un vrai gâchis alors que le Front de gauche pouvait s’appuyer sur une expérience solide de campagnes communes réussies dans ce département et sur l’agglomération clermontoise.

AC-CC

 Je pense bien entendu à la dynamique des dernières élections régionales, avec le meilleur score de France du Front de gauche. La liste que je conduisais avait obtenu près de 20 % dans le département, et un score historique de 13,23 % sur la ville de Clermont-Ferrand, malgré la présence de 2 listes d’extrême gauche, dont une conduite par Alain Laffont. Cette belle dynamique s’était d’ailleurs prolongée lors des élections cantonales, présidentielles et législatives, avec, là-aussi, un ancrage électoral porteur d’espoir. Cette progression était un vrai signe de confiance envers un rassemblement politique portant des propositions concrètes pour changer la vie, sans jamais tomber dans la surenchère ou l’opposition stérile. Depuis 2010, le Front de Gauche dans le Puy-de-Dôme a ainsi réussi à faire vivre une pratique politique qui m’est chère : une démarche partant des besoins des populations, pour se prolonger jusqu’au sein des institutions, où les élus du Front de Gauche sont à la fois porteurs efficaces des attentes populaires et relais des luttes ; une démarche qui se veut aussi respectueuse des autres forces de gauche et progressistes.

 J’ajouterai, pour en avoir été un des premiers artisans, que les 3 composantes fondatrices de notre rassemblement avaient su travailler jusqu’alors en confiance mutuelle, sans taire leurs différences d’appréciation, mais toujours à la recherche d’un consensus, avec l’objectif d’avoir des élus utiles aux habitantes et aux habitants. Le Front de gauche donnait ainsi à voir une conception de la politique respectueuse des sensibilités et des engagements de chacune de ses organisations, tout en recherchant les moyens les plus adaptés pour construire dans la durée notre présence collective dans le champ politique, au cœur de la gauche du département et de la région.

 Avec l’arrivée de la Gauche anticapitaliste au sein du Front de gauche, cette démarche de confiance réciproque aurait pu être poursuivie avec les mêmes objectifs politiques. Mais l’échéance municipale clermontoise a soudainement cristallisé une volonté de porter une radicalité à la gauche de la gauche, détachée subitement des valeurs constitutives de notre rassemblement. C’est sur cette base réductrice que le nouveau venu, Alain Laffont, s’est proclamé comme seul candidat possible. L’objectif était clair : briser notre dynamique de construction du Front de gauche depuis 2009. Imposer aux autres organisations une telle personnalité et son orientation politique destructrice revenait effectivement à rendre impossible la construction d’une liste du Front de Gauche au premier tour de l’élection municipale à Clermont-Ferrand.

 Ces deux derniers mois, les demandes répétées du PCF et de la Gauche unitaire d’étudier d’autres propositions pour conduire notre liste ont systématiquement buté sur le refus de la Gauche anticapitaliste et du Parti de gauche d’envisager toute autre perspective. Pour débloquer la situation, je suis personnellement intervenu à plusieurs reprises auprès des dirigeants nationaux et départementaux du Parti de Gauche, sans obtenir de résultat. Je peux témoigner que malgré cette intransigeance regrettable les militants et élus communistes clermontois ont fait preuve jusqu’au bout d’un engagement sans failles pour parvenir à un accord, dans le prolongement de la confiance et du respect mutuels qui caractérisaient si bien notre rassemblement jusqu’alors. Ils n’ont eu de cesse de redire, à l’ensemble des composantes du Front de gauche, puis publiquement, que sans recherche d’une candidature alternative à celle qui était imposée la concrétisation d’une liste Front de Gauche s’éloignait. La proposition commune du PCF et de la Gauche unitaire que Gérard Bonher, membre de la Gauche unitaire à Clermont-Ferrand, puisse conduire cette liste a essuyé un nouveau refus. En vain, leur appel à une candidature issue du mouvement social a aussi été rejetée par les deux autres composantes. Elle était pourtant soutenue par plus de 50 responsables syndicalistes et associatifs.

 Pour les communistes, il n’était pas admissible que l’on impose aux organisations historiques du Front de Gauche à Clermont-Ferrand, une tête de liste qui s’est présentée systématiquement en adversaire du Front de gauche aux élections européennes, régionales, cantonales, présidentielle et législatives. J’ai plus particulièrement en mémoire la brutalité des propos d’Alain Laffont, maniant la calomnie et l’insulte à mon encontre, entendant même passer « la corde au cou » aux militants communistes engagés dans la campagne des dernières régionales. Nous sommes nombreux, au sein du Front de gauche, à avoir gardé de ces propos d’une extrême violence l’image d’un militant agressif qui privilégie le conflit au sein de la gauche, plutôt que l’échange et la construction au service de nos concitoyens. Je le dis très clairement : je ne partage pas cette façon de concevoir les rapports politiques. Elle traduit malheureusement aussi une façon de concevoir les élections comme une simple tribune, sans réel souci d’être utile aux habitantes et habitants pour changer concrètement leurs conditions d’existence. C’est tout le contraire de l’action conduite par les élus communistes, et à l’Assemblée nationale par les 10 députés du Front de gauche, dont je préside le groupe.

 C’est donc en prenant en compte ce contexte, et dans la transparence avec les autres composantes du Front de gauche, que les communistes et la Gauche unitaire ont été conduits à engager des discussions avec la liste conduite par Olivier Bianchi et le Parti socialiste. L’état d’esprit d’ouverture et de dialogue a permis de clarifier les contours programmatiques et politiques d’un rassemblement de la gauche au premier tour, autour d’une gestion profondément démocratisée, ouverte en grand à la participation populaire.

 Comme dans toutes les communes de France où ils sont représentés, les communistes clermontois ont ensuite été appelés à faire leur choix entre les deux propositions. L’ampleur du résultat, pour constituer une liste de rassemblement avec le Parti socialiste dès le premier tour, constitue un véritable engagement pour l’avenir, pour construire la gauche de demain à Clermont-Ferrand. Cet engagement peut s’appuyer sur le partage d’exigences fondamentales en faveur du maintien et du développement des services publics, avec notamment la mise en débat de la gratuité des transports collectifs, pour une démocratie et une citoyenneté municipales renforcées, pour une politique de l’enfance renouvelée.

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 Au côté de nos amis de la Gauche unitaire, les communistes clermontois mèneront sans aucun doute une campagne active pour battre la droite et l’extrême-droite à Clermont-Ferrand en mars prochain. En représentants du Front de gauche, ils continueront ainsi à faire avancer les propositions de notre mouvement au sein de toute la gauche. Je suis pour ma part convaincu qu’aux côtés de Cyril Cineux et Gérard Bonher, l’action de nos élus Front de Gauche au sein de la future municipalité sera guidée par la volonté de faire avancer le progrès social, d’être utiles au quotidien, d’être les relais des luttes des salariés. Ils peuvent compter sur mon soutien et mon engagement sans failles à leur côté.

 

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commentaires

Gérard 23/12/2013 19:08

En fait de gauche de demain, on reforme celle d'hier, ou plutôt d'avant-hier, qui a échoué et est condamnée à nouveau à échouer, hélas !