Impressions de campagne - 2

Publié le par André Chassaigne

Quelque propos sur la semaine passée, qui me conforte dans les orientations que nous avons retenues pour les élections régionales : le rassemblement sur la base du Front de Gauche, le choix de candidats proches des gens et de leur vécu, une priorité de campagne qui est celle de la co-élaboration des politiques régionales à mettre en œuvre.


Mais d’abord un ressenti à l’issue de nombreux échanges que j’ai eus en participant à diverses manifestations marquant le début d’année, notamment les cérémonies de vœux ou audiences solennelles de la rentrée judiciaire, mais aussi les échanges avec les salariés en lutte de Sanofi-Aventis. Le capital de sympathie pour notre liste est réel, je dirais même important avec, déjà, cette idée forte que nous sommes « différents ». Mes interlocuteurs soulignent très souvent cette marque de fabrique à laquelle je tiens tant : faire de la politique autrement. Je me dis que ma façon de porter le mandat de député depuis mon élection en 2002 n’est pas étrangère à cette appréciation. Mais je suis aussi convaincu que notre lancement de campagne a bien traduit que c’était là le fondement de notre rassemblement, un fondement naturel qui n’a rien d’une construction artificielle.


Les deux réunions tenues jeudi 14 janvier au Donjon, dans l’Allier, ont confirmé que notre démarche répondait à une forte attente. Les participants à nos rencontres n’attendent pas que nous sortions de la poche le paquet bien ficelé d’un programme régional pré-établi. J’étais par exemple inquiet sur notre capacité à bien articuler notre positionnement politique, avec l’objectif de transformer la société, et les politiques que nous aurons à conduire dans la gestion régionale. Les réponses se sont construites autour de la table avec l’apport particulier de chacun sur la base de son vécu et de son analyse propre : élus locaux, syndicalistes, citoyens, militants des différentes organisations du Front de Gauche, et bien sûr les candidats, ont posé les premières pierres de l’élaboration collective de notre programme régional. Présent, mon ami Jean-Paul Dufrègne, Président du Conseil Général, a marqué cet échange de son expérience à la tête de la collectivité départementale. Ce soir-là, « j’ai bu du petit lait » et je me suis pris à rêver que les multiples rencontres programmées dans la pré-campagne seraient du même tonneau, avec ce frisson que provoque « le vent d’en bas » quand on le sent monter, souffler et gonfler les voiles.


Après avoir écrit ce texte, je me suis mis à dévorer le dernier CQFD, reçu la veille (n° 75 du 15 janvier 2010). Un vrai bonheur chaque mois que la lecture de ce mensuel (si vous ne connaissez pas, renseignez-vous : www.cequilfautdetruire.org ou essayez d’en dénicher un exemplaire, souvent bien caché, chez votre marchand de journaux). Je ne peux résister au plaisir de citer les dernières phrases de l’article « faux ami » p. 7 : « Par goût, on préfère les rencontres de hasard, au coin d’une rue, d’un comptoir ou même d’une file d’attente, avec des inconnus sans discours prémâché, à la tchatche vengeresse, à la saine colère, à la curiosité gourmande… Ceux et celles avec qui on a envie de faire un bout de chemin, de construire des rapports de force à notre avantage, d’inventer d’autres façons d’exister ensemble ». Quant à la première page, le dessin et le texte valent des tonnes de discours et me font même regretter les heures passées à écrire mon «abécédaire » sur Copenhague : « Cochons de pauvres ! » ... tout un programme !

 

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Gérard Blanchet 24/01/2010 16:58


A Pierre,

Ton dernier propos contient plein de contradictions. Tu crains de diluer le PCF dans le front de gauche. Ce n'est pas la quelque vingtaine de militants PG ou les 4 militants GU qui vont beaucoup
diluer le vin PCF de 1300 adhérents. Mais ce que tu refuses de voir c'est qu'il y a avec le front de gauche une dynamique qui va bien au-delà d'une simple addition des militants. Je te l'ai montré
je crois sur le "bassin minier" Doyet-Bézenet-Montvicq. Quant à la période des collectifs je crois que les uns et les autres ont tiré les leçons de cette période, où les militants inorganisés ont
mal accueilli les communistes mais où les communistes ont regardé d'un sale oeil ces citoyens qui pour la plupart ont redécouvert la politique avec le NON au TCE.
C'est un peu ce qui se passe actuellement avec le NPA.
Or nous sommes "condamnés" à travailler ENSEMBLE parce que nous sommes de la même famille celle qui veut changer de société, qui pense que le capitalisme a fait assez de ravages comme ça sur les
hommes et la planète et qu'il est temps d'en changer. Les pays d'Amérique latine nous montre la voie mais il y a aussi des peuples en Europe (en Allemagne, au Portugal, en Grèce) qui commencent à
construire cette force de la gauche de transformation sociale et écologique dont nos peuples ont besoin. Et les idées communistes ne se dilueront pas dans cette construction. Au contraire elles en
seront le moteur.
Pour achever de te convaincre André Chassaigne avait fait en 2004 9.20% sur l'ensemble de la Région et 22000 voix dans l'Allier. Je suis absolument persuadé que le 14 mars au soir nous allons trés
largement dépasser cela. Il faudra bien alors que tu reconnaisses que c'est la dynamique du front de gauche (et pas la trentaine de militants supplémentaires) qui aura fait faire ce bond à la
liste.

A Gérard P.,

bon pour cette fois-ci encore on n'a pas pu rassembler tout le monde mais ce n'est pas une raison pour s'abstenir car l'espoir est du côté du front de gauche et s'abstenir tu le sais bien c'est
favoriser Sarkozy et ceux qui composent avec lui. Le vote utile à gauche c'est vraiment le vote front de gauche car il est possible que notre liste soit en-tête de la gauche au 1er tour. Cela
dépend pour beaucoup des abstentionnistes des milieux populaires mais aussi des intellectuels qui pour beaucoup aux européennes ont voté Europe Ecologie.
Et tous les calculs boutiquiers seront bousculés si le peuple de gauche se lève comme en 1936 avec le front populaire.

Fraternellement
Gérard Bl.


Gerard 24/01/2010 14:58


Ces commentaires sont terribles ! Ils reflètent bien les sentiments de beaucoup de gens de gauche, ceux de la base, sincères et sans calcul, à savoir que la France est entraînée de plus en plus
vite vers l’abîme, par le sarkozisme destructeur, alors qu’en face, chez nous, priment encore les calculs politiciens d’alliances à faire ou ne pas faire…
Il aurait fallu une alliance totale de toutes les forces anti-libérales, et l’on fait encore la fine bouche devant tel ou tel allié, qui nous prend toujours pour des staliniens, alors que nous,
nous les méprisons encore comme des gauchistes écervelés…
Je suis un coco de longue date, j’ai avalé bien des couleuvres, mais là j’en ai un peu marre ; j’ai signé l’appel de G. Blanchet et suivi (de loin…) les discussions pour réussir cette union, qui a
capoté. Je n’ai pas été convaincu par les arguments qui me dépeignaient les militants du NPA comme des affreux qui ne voulaient que notre peau.
Je souhaite toujours la réussite des forces de gauche, mais sans illusion et sans enthousiasme.
Ne rêvons pas, nous aurons encore un appel, au deuxième tour, pour voter socialo afin de battre la droite, comme d’habitude, enracinant un peu plus ce vote utile que nous dénonçons parfois…
Gérard P.


Pierre 24/01/2010 14:54


Tu n'a pas répondu à mes questions.


Gérard Blanchet 24/01/2010 14:34


Puisque la question est abordée!! J'avais tenté pendant la trêve des confiseurs, et auprès d'un camarade de chacune des forces (y compris le NPA) une tentative de conciliation ou au moins de
"campagnes unitaires" entre les 2 listes. Tous m'ont répondu que c'était trop tard, que les campagnes étaient lancées ...
Que veut dire maintenant à la veille du lancement de la liste du front de gauche dans le Puy de Dôme, cette initiative, si ce n'est une nouvelle manoeuvre de Laffont pour essayer "d'isoler le
PCF".
Quant à Luc Bourduge il n'a pas dit NON comme tu le dis Patrick, la réunion du front de gauche de l'Allier de vendredi a confié à la réunion du front de gauche 63 de mardi le soin de faire une
réponse, à partir de la proposition du front de gauche du 43, mais de ne pas donner à cette "affaire" un retentissement médiatique exagéré. C'est loin des soucis de nos électeurs! Et non il ne faut
pas aller à la pêche le 14 mars mais voter pour le front de gauche et appeler à voter pour la force qui représente l'espoir. C'est en tout cas la volonté déterminée de Gauche Unitaire.


Patrick 23/01/2010 21:27


C'est affligeant cette désunion de la gauche de la gauche, Pierre parle de la lutte des places et il est vraiment tout proche de la réalité ...
Vous auriez pu, tous autant que vous autres, Chassaigne, Bourduge, Laffont ... etc , mettre de côté vos anciennes (ou actuelles) rancœurs ... Et vous entendre pour une vraie unité de la Gauche de
la Gauche, loin du PS ...
Une fois encore, vous loupez le train de l'unité qui pourrait voir émerger le renouveau en Auvergne et l'Allier ...
La base électorale communiste n'en peut plus de vos divergences et de vos faux combats, ça sera j'espère la dernière fois que vous vous trompez de stratégie, nous en bas on veut la lutte des
classes et vous en haut c'est la lutte des places que vous visez !!!
Quand est-ce que vous descendrez un peu voir et tâtez ce que l'électorat de base désire vraiment ???

Je viens d'apprendre que la liste des alter ékolos, le NPA et les objecteurs de croissance vient de relancer le PG, le PCF et la gauche unitaire par courrier pour tenter une "vaine" fois une liste
commune !!! Un peu d'espoir vite retombé puisque le PCF par l'intermédiaire de Luc Bourduge à écarté l'offre sans même consulté sa base ou ses colistiers !!!!
Quel gâchis que tout cela, que de temps perdu !
M'en vais p'tête allez à la pêche moi en ce beau dimanche électoral de mars prochain !!!