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Le blog d'André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme - Président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée Nationale

Indispensable mutation

 

Bien que la campagne électorale soit lancée, je maintiens ma « montée » à Paris tous les mardis matin. La réunion hebdomadaire des députés communistes et du Parti de Gauche, suivi de l’échange avec les autres députés du groupe, notamment les Verts, est un moment d’analyse et de confrontation enrichissant.

Durant les séances de questions au gouvernement, je profite aussi de la proximité des ministres pour leur communiquer directement des dossiers ou pour des interventions urgentes. Cela a été le cas ce mercredi après-midi avec deux mots manuscrits durant la séance des questions d’actualités, envoyés respectivement à Brice Hortefeux et Eric Besson. Je leur ai décrit la situation de Salima et Salma, ces deux jeunes majeures marocaines de Clermont-Ferrand, menacées d’expulsion.


Le premier m’a fait signe qu’il s’en occupait. Quant au ministre de l’immigration, il m’a répondu par écrit : « C’est entendu, je vais faire regarder vite ce dossier que je ne connais pas ». Est-ce que je serai vraiment « entendu » ?

En ce qui concerne le travail parlementaire, il est difficile de suivre le rythme, volontairement effréné, des projets de loi qui se succèdent. Mais, quel que soit le sujet, l’objectif gouvernemental est toujours le même : casser notre organisation sociale dans tous les domaines, mettre progressivement en miettes les acquis de luttes sociales et des avancées politiques, servir la soupe aux privilégiés au détriment de l’immense majorité. Sur les bancs de l’hémicycle, il me faut continuellement dominer ma colère pour ne pas crier à quel point cette politique a des effets inhumains.

Le combat que je mène dans mon activité parlementaire est le prolongement de mon action sur le terrain des luttes collectives. J’ai continuellement en tête les conséquences concrètes, palpables, pour ne pas dire ignobles, des politiques gouvernementales pour ceux qui sont les plus en difficultés.


Encore davantage qu’en temps normal, la campagne électorale me place quotidiennement aux cœurs des conséquences de cette politique. Plus que jamais, au fil des rencontres, je mesure les difficultés, les souffrances, je constate les colères contenues ou affirmées. Mais je fais aussi un autre constat : la confiance manque, conduisant au rejet de la politique. Un rejet global qui ne nous épargne pas, bien que nous ayons le sentiment de faire pour le mieux.

C’est sans doute cette réalité qui me fait accorder autant d’importance à cette exigence de faire de la politique autrement.


La simple écoute ne suffit pas. Bien évidemment, apporter des réponses toutes faites encore moins. Il nous faut réfléchir ensemble, analyser, chercher des pistes de solutions, proposer, partager le doute… et construire, coélaborer la politique à mettre en oeuvre .

C’est justement ce que nous essayons de faire dans la préparation de ces élections régionales. Avec nos faiblesses, nos insuffisances. Avec quelquefois aussi l’incompréhension de certains de nos partenaires dont la culture politique est différente de la nôtre.


Mais je suis quant à moi persuadé que c’est au prix de cette indispensable mutation que nous ferons avancer ce qui nous unit : l’exigence d’un changement de société… et « l’humain avant tout ».

 

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À propos

André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme, Président des Députés du Front de Gauche et du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée nationale
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Gerard 12/02/2010 10:24


Avant de juger, il faut écouter plusieurs sons de cloche, par exemple celui-ci :
Un immeuble appartenant à la mairie de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), a été évacué par la police mercredi matin. Le PCF dénonce une expulsion "inacceptable" de la part de la préfecture.

L’immeuble, dans lequel squattaient 20 hommes et deux femmes, a été détruit pour éviter leur réinstallation, a indiqué une source policière à l’AFP. L’association Droit au logement (DAL) parle
quant à elle "d’environ 80 habitants et quelques enfants expulsés au bulldozer".

De son côté Laurent Jamet, premier adjoint au maire, dénonce les "mystifications" du DAL et réfute la présence d’enfants. Il dresse un autre portrait du lieu, évoquant sur France info un squat
abritant un trafic de stupéfiants ainsi que la prostitution. Et relie l’exploitation de l’affaire à la proximité des élections régionales.

La police était intervenue il y a moins de trois semaines pour une affaire de trafic de stupéfiants. "La trêve hivernale", précise l’élu, ne concerne pas les occupants sans droits ni titres".

La première procédure d’expulsion remontait à 2003. La mairie avait racheté l’immeuble en juin 2008, squatté depuis une quinzaine d’années selon la mairie, qui affirme avoir un projet de
construction de logements sociaux à la place de cet immeuble.

Le DAL dénonce les expulsions et "la destruction des biens des expulsés restés dans l’immeuble". Il demande "le relogement des expulsés, une enquête et des sanctions pour les responsables de cette
destruction de biens injustifiés ainsi que la régularisation des expulsés qui sont sans papiers".

La préfecture montrée du doigt

"En pleine trêve hivernale et dans une période de grand froid, la préfecture a procédé à une expulsion sans qu’une solution de relogement soit trouvée. C’est inacceptable", a déclaré le PCF dans un
communiqué, dénonçant "des méthodes d’un autre âge", et demandant que l’Etat "prenne ses responsabilités pour que des solutions de relogements pérennes soient trouvées au plus vite".

"Depuis plus de 15 ans, la mairie de Bagnolet réclame l’évacuation d’un immeuble qu’elle a finalement préempté en 2008, un immeuble dangereux où les risques d’incendie sont grands et où les
conditions de vie pour ses occupants sont particulièrement difficiles".

Le PCF renouvelle son "opposition ferme aux expulsions" et demande "une politique globale du logement pour répondre aux déficits croissants de logements sociaux".

http://www.humanite.fr/Un-immeuble-squatte-appartenant-a-la-mairie-de-Bagnolet-evacue


GEORGES Denis 11/02/2010 21:47


Ce soir je suis attristé par la décision du Maire de Bagnolet d'anéantir le refuge.
L'Humain avant tout! Ce soir ils seront à la rue par moins 10°!
Camarade, que tu me donnes ton appréciation.
Georges Denis, élu communiste.


Sylvie 05/02/2010 00:54


En un mot comme en cent : boycott !
Aux blogs citoyens !


BRENON-MIZOULE Jacqueline 04/02/2010 11:21


Cher André,
Je suis scandalisée du traitement médiatique de ta campagne dans la presse locale. Hier, René SOUCHON était à Chatel-Guyon, devant 130 personnes. Bon compte-rendu dans la Montagne d'aujourd'hui.
Toi, tu as passé jeudi dernier une journée dans les Combrailles, avec rencontre de nombreux agriculteurs et tu as animé en compagnie de tes colistiers, Maïté BAILET, Aurélien ROLAND, Pascal ESTIER
et de C.LAIDOUNI, conseillère régionale sortante, une réunion très enrichissante sur la question des transports, du fret ferroviaire, devant près de 100 personnes. Pas un mot dans notre quotidien
local, pourtant prévenu par plusieurs communiqués et coups de tel...
Que se passe-t-il ?