Intervention lors de la Conférence nationale du PCF

Publié le par André Chassaigne

  Je retranscris ici le contenu de mon intervention orale devant la Conférence nationale du Parti Communiste Français, samedi 4 juin.


  Durant cette conférence nationale, nos réflexions et nos choix doivent être conduits par trois exigences :

- Nous devons être utiles pour que Sarkozy soit battu et pour que soient mises en œuvre par la gauche des réponses nettes aux souffrances du peuple de France. Pour cela, soyons porteurs de l’indignation et les meilleurs relais des colères et des luttes.

- Nous voulons le succès du Front de gauche et son renforcement pour imposer à toute la gauche les exigences fortes de transformation sociale. Notre rassemblement doit être incontournable dans le paysage politique français et peser sur les choix politiques.

- Le Parti Communiste Français est un outil indispensable, avec ses valeurs propres, qu’il nous faut préserver et développer. La France a besoin d’un grand parti révolutionnaire. Ses analyses sont un rempart contre tous les opportunismes, de droite comme de gauche.


  C’est sur la base de ces trois exigences qu’il nous faut prendre nos décisions. Je vois pour ma part deux priorités que j’ai placées au cœur de ma candidature :

- Ne pas se limiter à la recherche d’un résultat électoral, aussi bon soit-il, comme expression d’un simple positionnement protestataire. Au-delà du rapport des forces issu des urnes, il faut dès aujourd’hui faire monter dans l’ensemble du peuple de gauche, et bien au-delà, l’exigence des mesures qui sont indispensables pour une changement réel dans notre pays et pour améliorer la vie du plus grand nombre. Je pense plus particulièrement à la maîtrise financière sans laquelle aucun changement n’est possible.

- Sortir du formatage stérile de la vie politique : la personnalisation extrême, par une médiatisation artificielle faite de buzz et coups de gueule, est illusoire. Elle sera balayée par le vote utile. Bien au contraire, la dynamique du Front de gauche doit s’appuyer sur l’implication du plus grand nombre, à l’opposé d’une politique spectacle aujourd’hui massivement rejetée. Soyons donc en rupture nette avec des pratiques politiques qui sont d’un autre temps en initiant une démarche complètement nouvelle et en la rendant visible.


  La Conférence nationale doit, selon moi, répondre à deux questions prioritaires :


1) Qu’est-ce que nous pouvons faire avancer, concrètement, précisément, dans toute la gauche, sans attendre le résultat du 1er tour des présidentielles ? Par nos initiatives, nos mobilisations, en étant acteurs des luttes, nous avons la grande responsabilité de faire bouger les consciences. C’est essentiel. Et, c’est indispensable pour arracher dès aujourd’hui l’engagement de toute la gauche sur des mesures fortes qui changeront réellement la vie des gens. Soyons les meilleurs artisans d’avancées concrètes. Faisons en sorte « que nos idées s’emparent des masses ».


2) Comment les communistes seront-ils aussi les meilleurs artisans du succès électoral du Front de gauche ? Il faut tout faire pour que la mobilisation dans nos rangs soit la plus complète possible, et quel que soit le candidat choisi. Il existe chez les communistes un risque de rupture si on ne les laisse pas décider. Ils ne doivent pas se sentir frustrés de leur choix, infantilisés par une décision qui serait prise par les seuls délégués de la Conférence nationale. Mais c’est à la Conférence nationale d’en décider par le choix d’un bulletin de vote incluant ou pas les différents candidats à la candidature. Je n’ai jamais été dans le clivage et je me soumettrai à la décision majoritaire des délégués. C’est à eux de dire, en toute conscience, s’ils souhaitent le maintien de plusieurs candidats.


  En conclusion, j’affirme solennellement que je serai un artisan déterminé, actif, de la réussite du Front de gauche et de ses candidats communs aux élections présidentielle et législatives : bien évidemment dans le respect du choix majoritaire des communistes, mais aussi parce que je crois vraiment à l’utilité de notre rassemblement pour le peuple de France. La région Auvergne, où je suis élu, en a fait une démonstration éclatante aux élections régionales et cantonales dans le respect des différents partenaires. Je m’impliquerai donc totalement dans notre campagne collective, qui doit être citoyenne, large, à millions de voix. Je le ferai avec conviction, sans ambiguïté, en militant communiste actif, et en militant du Front de gauche.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

km1883 12/06/2011 18:27


@elmalan
Où sont les 80% des circonscriptions? Stp un document signé du PG pour voir!?

Où est la campagne collective? SVP un document signé du PG?!


Le Programme Partagé au Sommet n'est pas l'idée que je me fais du respect des militants.


Le vote n°2 est un signal fort à nos partenaires pour une campagne collective!


gerald rossell 11/06/2011 11:36


13 commentaires en 5 jours : sans commentaire


couvreur 11/06/2011 10:16


Bonjour

André

Je ne te connais pas, comme moi tu es communiste .





Après la confèrence nationale 63% de nos délègués ont ratifiés le projet dans son ensemble (présidentielle,législative et surtout dynamique du Front de Gauche avec le programme partagé.

Tu maintiens ta candidature malgrè une majorité forte des orientations des communistes pour ces choix .

Je suis désolé que sur ces simples faits démocratiques on tente de prendre en otage les communistes .

A mon sens voter dans les conditions proposées par
la conférence National pour la candidature Melenchon s'est une démarche communiste de rassemblement et de mobilisation et d'espoir pour le pays .
jespère que les communistes amplifierons ce choix pour ce vote massif pour le front de gauche .

Aujourd'hui certains voudraient transformer ce vote comme un réfèrendum contre la direction du parti et sa place dans le


front de gauche



Mais la chance que nous avons d'être membre du P.C.F c'est que nous faisons encore et toujours de la politique et nous voyons ce qui est essentiel pour le peuple et le pays C'est pour cela que nous
serons très largement majoritaire à voter pour Melenchon et cela ne nous fait pas moins communiste et toujours plus citoyen

Amical salut

Robert Couvreur


Frédéric 11/06/2011 02:20


M. Chassaigne,
Je n'ai plus voté depuis les présidentielles de 1988.
Je ne suis plus inscris sur les listes électorales depuis cette date.
J'avais solidement ancré dans mon esprit que tout ceci n'étais qu'une mascarade et que finalement, ce qui intéressé les politiques, c'était surtout leurs avenir.

Puis il y a eu le non du peuple français au traité constitutionnel européen, j'ai entendus des voix se lever (enfin) pour dire non.

Parmi ces voix, celle de JL Melenchon.
J'ai décidé de suivre un peu, "pour voir".
Puis Mr Melenchon quitte le PS, une bonne chose car le PS d'aujourd'hui est très différent du PS du programme commun.

Je décide de le suivre, d'écouter ce qu'il dit, les positions qu'il prends et ce qu'il propose (je sais bien qu'il représente un ensemble de personnes, qu'il n'est pas le seul à travailler tout
ça)

Le front de gauche apparait, cela m'intéresse. Je regarde les travaux, je me renseigne, je me déplace et fini par rencontrer Mr Melenchon à Marseille en compagnie de Mr Pierre Laurent.

Je suis un simple citoyen, les calculs entres politiques c'est quelque chose qui ne m'intéresse pas beaucoup et pour tout vous dire, ça a plutôt tendance à m'exaspérer:

Pendant qu'il y a le feu à la maison, on se demande pendant des temps interminables, qui va tenir la lance à incendie...

Ce qui m'intéresse c'est ce que les politiques, les partis, proposent comme avenir, comme solutions aux problèmes que je (que nous) rencontrons tous les jours et comment on va s'y prendre.
Dans se cadre, je suis volontaire.

Il se trouve, et veuillez s'il vous plait me croire et m'en excuser, que je ne connaissais pas votre existence, il y a encore quelques semaines.
Ce qui ne disqualifie en rien votre personne et/ou vos qualités, c'est juste que vous êtes un personnage qui apparait soudainement dans mon paysage.

J'étais donc centré sur le front de gauche, par le biais de Mr Melenchon. J'ai refais tout mes papiers pour pouvoir voter et prendre part à ce mouvement que j'attendais depuis très longtemps. Hors
de question pour moi, de resté sans rien faire quant un vrai espoir est en train d'apparaitre.

J'imaginais que la gauche unitaire, le PCF et le parti de gauche ne faisais qu'un autour du Front de gauche, c'était quelque chose qui m'enthousiasmais.

Puis j'entends des voix discordantes, voir farouchement opposés à Mr Melenchon et même au front de gauche, pourtant soit disant dans le même mouvement.
Le coup de grâce en quelque sorte.

Je suis comme des centaines de milliers de personnes à prendre des coups tous les jours, et à nouveau, les politiques se demande qui va tenir la lance à incendie, voir même celui qui ouvrira
l'eau.

Je tremble de voir ce qu'il se passe et je n'en dors pas.

Il va de soit pour moi, que le Front de gauche sans JL Melenchon, n'est plus tout à fait le front de gauche.

Je sais bien ici ou la, même Mr Melenchon le dit : Ce qui compte c'est le programme, pas la personne...

Ce n'est pas une idée que je partage.
On ne peux pas raisonnablement nier les talents de chacun, ce qui fait leurs spécificités.

Ce qui fait que la sauce prendra ou pas.

Voila, ce n'est pas un "coup de gueule".
C'est juste ce que je vis ces jours ci, je voulais vous en faire part.

Cordialement,
Frédéric.


gerald rossell 10/06/2011 22:00


Citoyen Chassaigne, accepter l'appui d'un qui veut la fin du magnifique Front de Gauche qui se construit dans un volontarisme joyeux c'est participer à la survivance des prisons mentales de ceux,
qui au lieu de faire du lien et du citoylien, au contraire, comme la grenouille de la fable croient et croassent que gonfler seul compte seulement.