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Le blog d'André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme - Président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée Nationale

La grande misère budgétaire de l'écologie libérale

Les ministres en charge de l’Ecologie peuvent bien changer, les budgets qui lui sont consacrés, eux, restent.

 

Ainsi l’examen des propositions budgétaires du ministère de l’Ecologie pour 2011 est limpide : tous les programmes de la mission connaissent des baisses de crédits substantielles. Avec 611 millions d’euros de moins pour 2011 par rapport à 2010 ce gouvernement fait plus qu’enterrer, comme je l’entends dire dans la presse, les promesses du Grenelle. Il affiche son renoncement à porter une politique environnementale pour l’avenir. Il capitule sans combattre face aux exigences des marchés, c’est à dire face aux actionnaires, aux puissants, à la poignée de riches qui sont à l’origine des désastres environnementaux planétaires.

 

Comment ce gouvernement s’y prend t-il pour accomplir sa mission d’agent servile de l’écologie libérale ?

 

Il opère d’abord des coupes budgétaires massives dans toutes les dépenses de fonctionnement des services et des « opérateurs » liés au Ministère de l’écologie. Pour cette année, les dépenses de personnel sont amputées de 62 millions d’euros, tandis que les dépenses de fonctionnement sont tout bonnement divisées par deux, passant de 2,6 milliards en 2010 à 1,3 milliards pour 2011. Le schéma d’emploi du ministère relève une diminution de 1287 équivalent temps plein en 2011, après les 2700 suppressions de 2009 et 2010. Le Gouvernement prive ainsi l’Etat de tous ses moyens d’actions. Il regroupe les directions et les services. Il taille dans l’emploi. Il dilapide les compétences de ses agents sur les territoires. Il affaiblit toutes les capacités d’intervention et de contrôle sur les acteurs économiques pour porter les politiques publiques environnementales. Cette année, le ministre de l’Ecologie, plus que jamais aux ordres de l’Elysée, opère un plan d’ajustement structurel du Ministère de l’Ecologie qui est un véritable modèle du genre. Le rythme de suppressions d’emploi et de coupes budgétaires dépasse le rythme d’érosion de la biodiversité mondiale. Triste record !

 

Le gouvernement renonce aussi à toute une série d’engagements dans des secteurs clés comme celui des transports en abandonnant en rase campagne les objectifs de report modal pour faire passer de 14 % à 25 % la part du fret routier sur transports alternatifs d’ici 2022. Comme pour la biodiversité, ce gouvernement semble atteint par le « syndrôme de Nagoya », une variante du « syndrôme de Copenhague » : des promesses qui n’engagent que ceux qui les tiennent, des promesses sans engagements financiers, des promesses qui ne remettent pas en cause la casse des outils publics indispensables à toute démarche écologique résolue comme avec le Fret SNCF !

 

Ce gouvernement, avec l’appui des écologistes libéraux, met toute son énergie à préserver les intérêts et les outils qu’il faut combattre, à persévérer dans l’acte de foi qui le lie aux puissances d’argent. Ainsi, en réponse à plusieurs députés qui s’interrogeaient en commission sur les dérives du marché européen du carbone, Madame Chantal Jouanno, qui vient de changer d'attribution, leur répondait tranquillement qu’effectivement les marchés européens du carbone semblaient avoir connu quelques « fraudes ». Quelques petites fraudes ! Il suffirait donc de colmater ici les petites fuites, là les dérives passagères, ici les petites tromperies en millions d’euros, là les grandes corruptions en millions de tonnes de carbone émises malencontreusement, de ce côté-ci les ventes de crédits fictifs, de l’autre les accaparements de crédits inexistants…

 

Ah quelle belle histoire que nous raconte chaque jour l’écologie libérale ! Parce que le système n’est pas encore très vertueux, il suffirait de le moraliser un peu pour repartir d’un bon pied. Madame la ministre joue le rôle de la Blanche-Neige climatique, quand Monsieur Lalonde est le prince charmant des couloirs du temps ! La bonne morale du capitalisme vert dans l’océan de la cupidité : quel joli conte pour nos enfants !

 

Alors on peut, c’est bien compréhensible, essayer de capitaliser encore un peu sur le « mythe Grenellien », sur cet « esprit Grenelle » qui vint à souffler. Quoi de plus logique en somme que de servir les siens en faisant un petit appel d’offre à une PME de l’expertise environnementale pour se sentir rassurer dans sa communication ? Ce jour-là, on se presse, on se jalouse pour être les premiers à s’émouvoir des conclusions du petit cabinet Ernst and Young sur la bonne tenue des engagements. Et quel suspense haletant pour savoir si le Grenelle mérite toujours son premier prix de la communication environnementale présidentielle. Avec 18 % d’engagements tenus, c’est assurément la meilleure performance du Gouvernement ! Félicitations !

 

La croyance dans un système économique incapable de répondre aux défis environnementaux qui se posent à l’humanité est manifestement sans limites. A l’unisson des autres pays européens, le gouvernement français coupe les crédits consacrés à l’environnement comme s’il coupait une tranche de pain, sans prendre la mesure de ses actes. En agissant ainsi, il précipite à la fois la crise écologique et la crise sociale. Aveuglé par les sirènes de la finance, il relaie la question écologique et les besoins qui s’imposent à notre pays pour porter l’ambition environnementale à un rang que l’on ne croyait plus atteindre au XXIème siècle.

 

Cette pantalonnade prouve encore combien nous avons besoin de revoir les fondements de la construction politique dans ce domaine, combien c’est au cœur du fonctionnement du système que nous devons nous attaquer. Nous devons redonner toute leur place à des constructions absentes des manuels de l’économie libérale de l’environnement : l’extension des services publics pour répondre durablement aux besoins fondamentaux, la gestion partagée des ressources naturelles et du bien commun, l’intervention salariée dans les moyens de production. Nous devons redonner aux citoyens comme à la France les moyens d’intervenir, de construire, d’agir pour répondre aux défis environnementaux de ce siècle.

 

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À propos

André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme, Président des Députés du Front de Gauche et du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée nationale
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chris 27/12/2010 12:29


Changeons d'ère et de ministère là est la solution voilà notre petit commentaire d'une petite entreprise active et revendicatrice du profond changement nécessaire a ce nouveau changement .2011 sera
une année difficile une industrie nouvelle est attendue et toujours la même inertie tenue par une incompétence grimpante ...que voulez vous faire que proposez vous (une reforme républicaine
???)
Bonne fin d'année a tous ...

dernière vidéo avec de l'eau de la dore
http://www.youtube.com/watch?v=KnUxsDPu3sI



les nouveaux sites a visiter.


http://www.ecopra.fr/ france

http://www.ecopra.cz/ tcheco

http://ecopracyprus.com/ chypre

http://www.ecopra.com.ua/ russie

http://www.renavgas.se/ suede

en construction UK existant Spain greece...Maroc californie


yaris d4d montage le 09/10/2010 6.1l/100 le 10/12/2010 4.5l/100 données ordinateur de bord.


1 plein sur 5 de gagné 25%+/-
-------- Original Message --------
Subject: BOXER 2L2 HDI équipé ECOPRA
Date: 06/12/2010
From: Cormerais Louis-Marie
To:contact@ecopra.com

BONSOIR

Comme convenue voici un peu de chiffres..........Auvergne

PEUGEOT BOXER 2L2 HDI de 2004 et il a 190000 KLM ,équipé avec le systeme
ECOPRA depuis le 02 octobre 2009

Je l'utilise pour des trajets en ville(30%) et montagne(70%)

MA CONSO AVANT:

une moyenne de 10,8L et 12L au 100 KLM soit un plein (70L) pour 580 klm ou au
mieux 650 KLM

MA CONSO AUJOURD'HUI:

une moyenne de 8,6L à 9,4L au 100 KLM soit un plein pour 744 KLM ou au mieux
810 KLM


j'ai ressentit un gain de puissance au début mais on s'habitue vite et je ne
m'en rend plus compte
le bruit du moteur change (baisse) mais surtout ça sent meilleur.

depuis j'ai fait la courroie de distri chez peugeot à ISSOIRE et quand je les
ai prévenus pour le système, il m'on dit en avoir déjà vue passer plusieurs
dans leurs ateliers


J'ai aussi passé le contrôle pollution il y à deux semaine... TOUT EST NIKEL

Je suis intéressé pour venir vous voir et réduire ma conso d'eau si vous
avez des dates en tête qui serait idéal pour vous n'hésitez pas à me
contacter par mail. En
espérant que ses chiffres vous soit utiles.

je vous remercie pour la planète et pour mon porte monnaie......

CORDIALEMENT LOUIS CORMERAIS .

Cordialement Christophe de Dore l'eglise


loulou 03/12/2010 15:50


merci camarade de t'etre engagé pour 2012.c'est toi qui as raison!! et ceux qui disent que tu est pas connu je réponds'robert hue etait peu connu 2ans avant.par contre toi déjà dans ta région tu
est super connu en plus tu est un communiste unitaire.les dernieres régionales le prouvent.je t'avais rencontré a un debat sur le grenelle de l'environement à la fété de l'huma.meme si j'ai
quelques differences ,je pense que tu est le meilleur candidat (celui qui est communiste, qui parle d'écologie, qui est reconnnu à l'assemblée....)j'espere que nous les encartes pourront décider
par un vote sinon le parti va se déchirer ,je le souhaite pas.......tous ensemble avec andré


Section Pcf Vierzon 21/11/2010 10:05


Depuis une semaine, l’appel initié par Politis connaît un incroyable engouement. Un événement qui ne peut rester sans lendemain.

Cela avait démarré tout doucement. Lorsque vers la mi-septembre nous avons pris l’initiative de lancer une pétition pour un référendum sur la question des retraites, nous étions tous tournés vers
la rue. La liste des premiers signataires s’enrichissait bien de quelques noms de responsables politiques (Clémentine Autain, Patrick Braouezec, Cécile Duflot, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon,
Arnaud Montebourg, Patrick Le Hyaric) et associatifs, mais la chose ne paraissait pas évidente.

Notre raisonnement, pourtant, visait à prolonger le mouvement social en posant non pas seulement le problème du contenu de la réforme de la retraite, mais la question de la démocratie. Nous
rappelions notamment l’engagement du candidat Sarkozy à ne pas toucher à la retraite à 60 ans. Nous dénoncions l’absence de consultation véritable des organisations syndicales, et les entraves au
débat parlementaire, qui n’allaient que s’aggraver par la suite. Il s’agissait, écrivions-nous dans l’appel, de « contraindre le président de la République à ouvrir un débat qu’il n’a cessé
d’entraver ». Et de permettre une « réappropriation citoyenne » d’un débat qui, plus que tout autre, engage des choix de vie personnels. Le préalable étant ­évidemment d’interrompre le processus
d’adoption de ce texte rejeté par l’immense majorité de nos ­concitoyens.

Aujourd’hui, la loi est votée. Mais la question démocratique demeure. Rouvrir le débat est-il impossible ? Même le pouvoir promet de le rouvrir, mais, comme par hasard, en 2013, c’est-à-dire après
la présidentielle. Mais alors, pourquoi pas aujourd’hui ? C’est cette question à laquelle répondent les quelque 202 000 signataires recensés à présent. Nul ne peut plus ignorer l’appel initié par
Politis. Depuis plusieurs jours, le compteur s’affole. Au point que le logiciel a implosé, ce qui nous a empêchés pendant 48 heures de recueillir les signatures… À présent, tout va bien. Mais ce
succès nous fait obligation de donner une résonance supplémentaire à ce mouvement. Politis est prêt à prendre une nouvelle initiative. Nous consultons les responsables politiques, syndicaux et
associatifs sur ce point. La suite, la semaine prochaine dans Politis et, bien avant cela, sur notre site.
Denis Sieffert