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Le blog d'André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme - Président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée Nationale

Le compte n’y est pas

 

 Je mesure chaque jour les conséquences de la perte de nombreux députés du Front de Gauche, en particulier communistes, aux dernières élections législatives : en progrès avec 7 % des suffrages, nous ne représentons plus que 1,7 % de l’Assemblée nationale. Les 10 sortants emportés par la vague des candidats labellisés « présidentiels » nous manquent énormément. Ils nous manquent d’autant plus que les enjeux de la session ordinaire qui vient de s’ouvrir sont colossaux ave le vote du traité européen et le budget 2013. Et la bataille est rude !

 Durant les sessions extraordinaires de juillet et septembre, nous avons soutenu les avancées positives de la nouvelle majorité. Dans tous les débats, les députés du Front de Gauche ont une attitude offensive et positive. Nous ne spéculons pas sur l’échec du gouvernement. Nous agissons pour améliorer tout ce qui peut l’être, avec une seule obsession : être utiles aux gens dans leur vie quotidienne, être utiles à notre pays pour son développement, pour son rayonnement. Mais nous ne renonçons pas pour autant au changement si nécessaire.

 Le constat que nous faisons au regard des premiers textes qui nous sont soumis est que le compte n’y est pas. La raison principale tient à un défaut majeur d’analyse de la situation : les déficits ne sont pas la cause de la crise et de l’aggravation du chômage, mais la conséquence de politiques financières qui privent le pays d’une croissance saine et durable.

 Enfermé dans cette analyse pernicieuse, le gouvernement a fait adopter à la hussarde le traité européen élaboré par M. Sarkozy et Mme Merkel. C’est une véritable camisole de force, imposée aux autres peuples européens, qui servira à couper toujours plus dans les dépenses publiques utiles, mais aussi à remettre en cause tous les acquis sociaux. C’est aussi un transfert sans précédent de souveraineté nationale au profit d’instances non élues, qu’il s’agisse de la Commission européenne, de la Cour de justice européenne ou du futur Haut conseil des finances publiques, chargé de corriger tout écart dans les perspectives budgétaires du gouvernement.

 Avec un tel corset budgétaire, et sans remise en cause de la priorité donnée à la finance, il n’y a aucune raison de penser que l’hémorragie de l’emploi que connaît notre pays, comme toute l’Europe, cesse. La création d’emploi devrait pourtant constituer notre priorité, pour faire face à la multiplication des plans de licenciement, à l’effondrement du travail intérimaire et aux difficultés toujours plus grandes à revenir vers l’activité.

 Pour faire face à ce véritable cancer financier, il faut imposer des mesures d’urgence et de grande ampleur : l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font d’énormes bénéfices, la création de nouveaux outils financiers publics au service des TPE et PME, ainsi que de nouveaux droits d’intervention des salariés dans leur entreprise.

 Dans la suite des mobilisations européennes contre l’austérité, avec la manifestation parisienne du 30 septembre qui a rassemblé 80 000 personnes, l’appui populaire autour de ces mesures est plus que jamais indispensable.

 C’est dès aujourd’hui qu’il faut lutter contre la finance !

 

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Chronique publiée dans le journal La Terre. 

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À propos

André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme, Président des Députés du Front de Gauche et du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée nationale
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Erick 18/10/2012 02:30

Cher André Chassaigne,

Je ne peux que féliciter la fougue et la masse de travail des députés du groupe Front de gauche / GDR à l'Assemblée. Décidément, vous seuls honorez la parole de gauche aujourd'hui.

Je vous demande vis à vis du budget 2013 la plus grande fermeté. Nous vivons une époque historique: jamais de ma vie je n'ai vu un gouvernement socialiste renier ses promesses à une telle vitesse,
s'ancrer dans la doxa ultralibérale, avec un mépris du peuple insultant, notamment pour ceux qui ont aidé à son élection.

Le choix purement idéologique de François Hollande d'imposer le TSCG à la France pose la fondation d'une trahison qui révèle que le P.S. n'a rien à envier à ses homologues grecs, espagnols,
portugais. Un gouvernement qui se dit de gauche nous impose l'austérité et la récession.

Le budget 2013 se situe dans la continuité de l'adoption du Traité. Vous l'analysez fort bien.
Je sais que la bataille d'amendements va être rude, qu'elle est nécessaire, et que les députés de notre groupe vont y jeter toutes leurs forces.

C'est bien pour cela que si le gouvernement Ayrault nous fait le coup du mépris, il ne faut pas hésiter une seule seconde à voter contre ce budget.
Le principe même de s'abstenir met en colère nombre de militants qui rejettent d'ores et déjà ce budget d'austérité.

Comment voudriez-vous ensuite que le peuple comprenne notre cohérence si nous laissons des coudées franches à un recul social généralisé sous un gouvernement qui se dit de gauche ?

Ce que l'on attend de nous, c'est la Résistance.
Résistance avec la bataille à l'assemblée.
Résistance avec un "Non" clair et net si une fois encore on ne nous entend pas.

Si nous voulons être l'alternative et l'avenir, il faut être aussi catégorique dans le refus que ce gouvernement est catégorique dans ses reniements. Regardez ces usines qui ferment sans que cela
émeuve nos ministres, les syndicalistes persécutés encore et toujours malgré les promesses, la volonté ferme de Hollande d'en finir avec le C.D.I. qui se profile, et la liste est longue.

Ne faites pas dans la demi-mesure: si la totalité de nos amendements n'est pas acceptée, votez contre. Nous ne pouvons nous contenter de demi-mesures, ni même de ramasser les miettes. Le vrai
peuple de gauche, les 4 millions de voix du FDG qui ont permis la victoire de Hollande, les votants socialistes qui se sentent floués, ne comprendraient une abstention, car une abstention est
toujours, et je dis bien toujours, un consentement.

Je compte sur votre lucidité et votre combativité pour l'instant jamais démenti pour répondre aux aspirations de ceux que la crise enfonce chaque jour d'avantage dans la difficulté, et qui comptent
sur vous, quand ils deviennent si rares, ceux sur qui on peut compter.


Erick
Lyon