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Le blog d'André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme - Président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée Nationale

Pour la défense du régime des mineurs

En soutien, le 20 avril dernier, à la manifestation des mineurs et personnels de la Sécurité Sociale Minière pour ne pas laisser défaire le régime minier de la sécurité sociale et le statut des mineurs. 

 


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À propos

André Chassaigne

Député du Puy-de-Dôme, Président des Députés du Front de Gauche et du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée nationale
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Béziat Aline 29/04/2011 10:34


Pour une étape décisive en 2012.

Lu dans la résolution: «…. Une exigence claire, celle que le choix d’une candidature respecte les objectifs que nous exprimions dans l’adresse aux communistes. Elle est pour nous conditionnée à la
conclusion d’un accord d’ensemble satisfaisant nos objectifs politiques, un accord qui garantisse le respect d’engagements collectifs, la diversité de notre rassemblement, et la place de notre
parti. » Et si c’était impossible à réaliser ?

Nous ne pouvons rien, exiger de personne. Rien ne peut obliger une candidature qu’elle soit communiste ou non, à respecter les objectifs. C’est l’état d’esprit de chacun, conforté dans ses idéaux,
ses convictions qui produit une politique plus ou moins libérale, communiste ou radicale. Chacun agit en fonction de ses convictions et du travail collectif dans lequel il baigne. Rien ne peut être
conditionné à quoi que ce soit. Il n’y a toujours pas « accord d’ensemble » ? Mais il ne peut pas y en avoir, l’Histoire nous l’a prouvée. Programmes commun ou partagé, aucun accord ne peut
garantir quoi que ce soit. C’est une illusion de l’esprit. On voudrait nous obliger à voter un texte non acté par les 4 candidats et qui est impossible à réaliser ?

Alors que faire ? Permettre que s’épanouisse un Front Populaire, où les idéaux de chacun puissent s’activer dans un contexte démocratique qui le permet. La démocratie libérale divise. Elle met en
difficulté le Parti Communiste quand il la pratique. La Démocratie Communiste permettrait à chacun d’agir en son âme et conscience, en désignant au plus proche de soi, des responsables, des
dirigeants, des candidats aux élections, par la connaissance qu’il en a et la reconnaissance des capacités des uns et des autres, à assumer leurs fonctions. Les leaders dans la Démocratie Libérale
veulent prendre le pouvoir pour l’imposer aux autres. Seul le peuple est souverain, il est le seul à reconnaitre un leader populaire, mais dans une démocratie qui le lui permet. Un communiste ne
prend pas le pouvoir, il accepte ou non la mission qu’on lui confie. Il est désigné, on reconnait ses qualités, son intégrité et ses capacités à assumer sa mission et ainsi Pouvoir faire. C’est
dans le peuple et avec lui, que l’on trouvera des candidats intègres pour ensemble s’émanciper du capitalisme. Un Front Populaire s’appuyant sur ses propres forces politiques dans un contexte de
démocratie communiste changerait tout.

Dans chaque tête sommeille des idées libérales radicales et communistes. A nous communistes de réveiller nos idéaux et réfuter ceux du capitalisme. Un Front Populaire s’appropriant la politique
dans le social, l’environnement, les entreprises, et la finance irait bien au-delà des règles institutionnelles du libéralisme, il construirait une 6ème république. L’innovation communiste doit
faire évoluer tous nos concepts en y associant la culture politique nécessaire. Un pôle public financier, les Services publics pourront toujours être cloisonnés, verrouillés et soumis aux dictats
des idéaux capitalistes, si le peuple ne s’en mêle pas. Le peuple ne rêve pas aux paradis fiscaux, il veut mieux vivre, il a le sens du bien commun. Reconnaître sa force politique, c’est pour nous
la source de notre propre épanouissement. Le communisme n’appartient pas au Parti mais au peuple.

Par manque de communisme interne, le Parti se désagrège insidieusement et progressivement. Il s’enferme, dans des jeux de tendances et dans des débats improductifs. Lors du 35ème congrès un vote a
interdit qu’un débat sous la responsabilité du Conseil National ait lieu. Ce vote anti-débat est une aberration incongrue. Personne ne peut empêcher le débat, mais le laisser tourner à vide sans en
capter les innovations qui s’en dégagent est un gâchis politique. Ce vote a interdit de fait au Conseil National la mise en cohérence les innovations idéologiques politiques et démocratiques
communistes qui viennent de partout. Une conceptualisation de Cohérence Démocratique permettrait au Conseil National d’ouvrir des perspectives communistes insoupçonnées. Mais rien ne nous empêche
d’en initier la démarche.

Aujourd’hui on nous oblige à choisir entre une vision socialiste et trois visions communistes. Ses primaires communistes excluent du vote le candidat socialiste, elles ne respectent pas la
souveraineté des communistes encartés, et ne permettent pas aux non encartés d’y participer. Ce contexte démocratique invite, tout comme dans la démocratie libérale que subit le peuple, à
l’abstention et au vote utile. Cette démocratie n’invite pas au rassemblement des idées et donc du peuple. Un communiste doit pouvoir cultiver ses idées, et non choisir un clan, un Parti ou un
homme contre un autre. Le communisme ne doit pas se fondre dans le social libéralisme. Il doit permettre à l’ensemble de la gauche de construire une démocratie qui rassemble dans un Front Populaire
actif, les idées les plus efficaces pour faire reculer toutes les prétentions du capitalisme. Les idéaux du capitalisme dans l’opinion publique sont très mal vécus et nous, nous n’osons pas mettre
en pleine lumière notre spécificité, notre identité, et proposer une conception communiste de la démocratie qui implique le sens du bien commun et invite à l’émergence et à la mise en cohérence
d’idées qui rassemblent.

Sommes-nous obligés de rester figés dans le cadre étriqué des 4 choix que la résolution du Conseil National nous impose ? N’avons-nous pas le droit et même le devoir de proposer une autre voie,
celle d’un Front Populaire s’appuyant sur une conception communiste de la démocratie ? Est-ce impossible ? La Conférence Nationale pourrait en proposer la démarche, le cheminement, la perspective.
Elle pourrait décider d’un très large débat sur l’idéologique, la politique et la démocratie dans tout le pays, laissant au Conseil National le soin et la responsabilité de la mises en cohérence
des idées novatrices qui émergeraient des aspirations du peuple, avec nos idéaux et désignerait le candidat le mieux en capacité de promouvoir cette politique. La présidentielle n’est pas une
difficulté, elle est même un atout pour nous, si on sait porter le débat à la hauteur des enjeux de notre société. Elle invite à débattre sur les idéaux du capitalisme et du communisme, tout en
permettant l’émergence et l’épanouissement d’un Front Populaire non politicien de se constituer. Se basculement démocratique peut permettre au peuple de s’investir dans la politique.

Les primaires socialistes vont boucler sur une démocratie qui tourne sur elle-même. Elles invitent de fait les gens de droite à s’y inscrire, et choisir le candidat socialiste le mieux à même de
rester dans le libéralisme et d’autres dans le social libéralisme. Cette démocratie libérale favorise, l’abstention et le vote utile, elle reste confinée dans le choix des idées individualistes des
personnalités, elle ferme le débat d’idées qui construit une culture politique de rassemblement. Elle laisse le citoyen spectateur sans lui permettre de s’approprier la politique, elle empêche la
constitution d’un Front Populaire. La compétition fratricide qui s’active dans notre Parti, ne peut que nous fragiliser. Sortir le Front de gauche de son clivage partidaire et de son enlisement
politicien mais également éviter au peuple de s’enfermer dans le piège social-libéral des primaires socialistes, c’est possible en proposant une autre voie. Celle de donner la possibilité au peuple
de s’approprier la politique. Ainsi le travail politique de chaque communiste encarté ou non, pourra s’élargir considérablement, en s’appuyant sur un Front Populaire s’il se constitue dans ce
contexte idéologique de combat contre le capitalisme et avec d’une conception communiste de la démocratie. Passer d’un Front de Gauche au Front Populaire, c’est prendre en compte les 75% qui
défendent la retraite par répartition. Ce communisme là, va au-delà du clivage des représentants Droite Gauche de l’Assemblée Nationale. Donnons au peuple le pouvoir de faire.

La Conférence Nationale peut donc proposer et ouvrir la voie d’un Front populaire hautement démocratisée, et soumettre cette orientation aux votes des communistes, laissant le soin et la
responsabilité au Conseil National d’en assumer la cohérence politique et de désigner le candidat communiste en capacité d’assumer cette politique.

Aline Béziat
Mirebeau le 27 avril 2011