Présidentielles : confirmer la progression du Front de gauche

Publié le par André Chassaigne

Voici l'intégralité de mon communiqué de presse à la Fête de l'Humanité.

 

Avec le Front de gauche, les Français disposent enfin d'une possibilité de choix et d'engagement pour une autre politique de gauche. Sa création a été un événement majeur de la vie politique française. Il a déjà fait ses preuves lors des dernières élections régionales, avec des résultats dépassant les 10 % dans plusieurs régions : Auvergne (14,26 %), Limousin (13,13 %), Nord-Pas de Calais (10,78 %). Le succès de ce nouveau rassemblement s'est aussi manifesté dans les élections partielles avec une forte poussée. Il nous faut la renforcer.


Le Front de gauche tire sa force et ses succès de sa diversité, en rassemblant des militants attachés à la transformation sociale et qui veulent dépasser les échecs de leur propre parti : communistes, socialistes, extrême gauche, écologistes, mouvement social... cette pluralité est une formidable richesse. Conjuguée à une réelle assise populaire, elle peut permettre de co-élaborer un projet transformateur pour la France.


C'est pour cette même raison que je suis attaché à une candidature commune du Front de gauche pour les élections présidentielles. Pour moi, il n'y a pas de femmes ou d'hommes providentiels. Le Front de gauche est composé de plusieurs courants : plusieurs candidatures sont donc possibles pour porter son projet partagé, qu’elles soient issues des différentes formations du Front de gauche, ou du mouvement social… Aucun candidat ne s’impose a priori. C'est le sens de mon offre de candidature.


Qui dit Front dit ensemble de différences. Chaque formation, comme chaque individu, a sa personnalité, son histoire propre, ses priorités. La famille politique que je représente, comme les autres, a ses particularités, ses propres orientations. Je pense notamment à la question sociale, et plus particulièrement à la participation active du monde du travail à la création de richesses dans un nouveau type de développement. Je pense aussi à cette volonté que nous avons toujours eue d'être les porteurs et les passeurs des exigences populaires. Cette sensibilité-là a besoin de s’exprimer et d’être entendue, au côté d'autres.


Je crois en effet au travail collectif, et donc aux apports de chacun dans un débat ouvert, transparent, entre les différents acteurs du Front de gauche, et, au-delà, du mouvement social. C'est indispensable pour créer un rassemblement le plus large possible et pour porter au mieux le projet que nous allons élaborer ensemble. Mais il nous faut aller au-delà : ce serait une forme d'élitisme de nous limiter aux seuls acteurs engagés, et terriblement réducteur. Certes, les organisations politiques et leurs élus, les associations progressistes, le mouvement syndical, les intellectuels, ont un rôle déterminant dans cette construction, mais il n'y a pas que les spécialistes de la politique.


C'est avec les Français qu'il nous faut construire ce projet ! Réellement. Concrètement. Ce qui est en effet primordial dans l'élaboration d'un programme, c'est la façon de construire. Pour cela, nourrissons-nous des réalités de la vie des Français, enrichissons notre réflexion de leur intelligence, prenons vraiment en compte ces nouvelles radicalités qu'ils portent avec tant de détermination. Il est indispensable d'associer le plus grand nombre, concrètement, sur le terrain. Il faut réellement faire appel à la conscience des gens, à leur expérience, à leur intelligence, à leur savoir-faire, et à leur engagement.


Mon souci majeur est d'être un élément moteur de ce rassemblement et de cette pratique collective. Parce que je souhaite non seulement préserver cette richesse qu'est le Front de gauche, mais aussi aider à le consolider, à l'élargir à des forces nouvelles, et le rendre encore plus populaire, plus proche du vécu quotidien et des préoccupations des Françaises et des Français.


Certes, pour moi, cette approche n'est pas nouvelle. Je dirais même qu'elle est au coeur de mon engagement personnel depuis mon adolescence, notamment dans l'exercice de mes fonctions électives. C'est cette volonté d'une mise en commun permanente qui a ouvert la voie, sur le territoire où je vis, a tant de luttes, de rassemblements, de victoires sociales et de succès électoraux.


Avec cette pratique, j'ai souvent eu le sentiment d'être en décalage, voire en rupture, avec les pré-requis idéologiques, les pré-carrés de féodalités établies, les schémas pré-écrits de stratégies politiques. Pourtant, dans sa singularité, cette façon de faire de la politique est dans la droite ligne des valeurs de partage de la gauche, et en particulier du Parti communiste. Il n'est donc pas étonnant que mes convictions communistes se soient toujours enrichies de cette conduite spécifique. Il n'est pas non plus étonnant que je me retrouve si bien aujourd'hui dans le rassemblement que nous initions avec le Front de gauche, avec cette envie que j'ai d'aller encore plus loin pour renforcer ce mouvement.


J'ai certes conscience du caractère particulier de ma candidature. Elle est différente, donc un brin anachronique dans le bouillonnement médiatique autour d'une poignée de personnalités nationales. Serait-il donc incongru qu'un élu local, forgé dans la défense des intérêts de la population d'un territoire, puisse porter un message national ? Cette proximité, cette connaissance des Français ne serait-elle pas au contraire la première garantie de construire avec eux ?


Il n'est pas une journée durant laquelle je ne fais pas le constat que le système libéral, qui encadre notre vie, marche sur la tête, à tel point que les jeunes devraient demain vivre moins bien que leurs parents. Il n'est pas une journée sans que je me dise que notre société est complètement dévoyée par une poignée de grands groupes financiers et de privilégiés. Et il n'est pas une journée sans que je réfléchisse à ce que nous pourrions tous ensemble mettre en oeuvre pour bousculer ce capitalisme qui casse tant de vies : il est vraiment temps de dépasser ce système essoufflé, tellement abandonné à la finance qu'il s'est lui-même condamné.


Dans ce grand pays qu'est la France, nous devons imaginer et mettre en oeuvre un nouveau modèle social. Il nous faut redonner à la France la place qu'elle doit avoir pour aider la planète à privilégier le bonheur humain. Je pense en particulier à ces bien communs de l'humanité que sont notamment l'eau et les sources d'énergie. Ils font l'objet de l'ouvrage que je publie aujourd'hui même, « Pour une Terre commune », donnant quelques clefs pour échapper à la mondialisation libérale.


Je suis fier de nos réussites industrielles, je suis fier que l'ensemble des acquis de nos luttes sociales, ces produits de grandes périodes de progrès, soient encore un exemple pour tant de peuples du monde. Au point même qu'ils ont montré leur efficacité dans le contexte de la crise que nous traversons : les services publics ne se sont-ils pas révélés d'un apport considérable pour limiter les terribles conséquences d'un système aux abois ? Il faut remettre notre pays en route, avec une croissance d'un type nouveau et une grande politique industrielle qui dépassent les contradictions entre le développement et l'environnement pour répondre aux besoins. Il faut poursuivre nos efforts pour améliorer le vivre-ensemble, cet art bien français qui mêle culture, rites festifs et échanges d'idées.


C'est cette France-là que je veux porter.


Je mesure souvent cette responsabilité si particulière à notre pays qui a été tant de fois à l'avant-garde des progrès de nos sociétés. Dans le projet qu'il nous faudra construire, c'est bien l'humain qui doit être notre priorité. Jusqu'à l'obsession. Méfions-nous des grandes réponses grandiloquentes et fourre-tout. C'est un danger. Si nous voulons apporter des réponses aux problèmes des Françaises et des Français, nous devons partir de leur quotidien et des attentes qu'ils expriment.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
<br /> Je pense que c'est une très bonne initiative d'avoir annoncer la candidature de André CHASSAIGNE pour l'élection présidentielle.Tout d'abord nous avons besoin d'un candidat humaniste comme lui dans<br /> cette socièté de brutes. Il est vrai que Jean Luc MELANCHON est plus médiatissé mais désormais les médias seront obligé d'inviter aussi A. CHASSAIGNE. Ainsi nous avons deux portes paroles du Front<br /> de Gauche pour défendre nos idées.<br /> Cependant je lance un appel à André CHASSAIGNE. Il faut qu'il intervienne aussi sur les questions de sécurité des citoyens. Je suis pret à l'aider car en tant que syndicaliste de la cgt police je<br /> travaille sur ces questions depuis 25 ans. Alors bonne chance<br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> Salut André,<br /> <br /> Annonciatrice ta parole télévisée du 2 au soir, - qui [re]lie le "Commun" au "progrès social"! Oui, il faut - je dirai - "[re]trouver un chemin allant de l'égocentrisme au "sens du collectif" par<br /> la conscience d'un devenir commun dans la société à [ré]inventer pour en assurer la survie planétaire". Encourageons-nous!<br /> <br /> daniel<br /> un camarade CGT.<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> C'est une surprise totale. Enfin un espoir sérieux pour contrer cette abîme dans laquelle nous sommes plongés. Cher Monsieur, mon mari, Jean-Claude Tayeda, hélas disparu, serait fou de joie à cette<br /> annonce, vous qui recevait si bien tous ces écrivains régionaux, où j'ai eu souvent l'occasion d'y être mêlée à Saint Amand Roche Savine. BRAVO BRAVO BRAVO<br /> plein succès pour la suite ....<br /> <br /> <br />
Répondre
G
<br /> Maxime,<br /> <br /> Pourrais-tu nous dire où trouver l'intégralité de ce communiqué ou recopies le dans un prochain commentaire.<br /> <br /> Gérard<br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> Je viens d'adresser à la presse un communiqué intitulé:"de l'appel de syndicalistes au Front de gauche,à la disponibilité d'André Chassaigne pourla prochaine élection présidentielle".<br /> Il se termine par la phrase suivante:"en l'état actuel des choses,je tiens à dire aujourd'hui,pour des raisons autant personnelles que politiques,que la disponibilité d'André Chassaigne pour ètre<br /> celui là me réjouit profondément"<br /> Nota:"celui là" celui qui portera le projet etc....Voir le communiqué.<br /> André,tu peux l'utiliser à ta convenance.<br /> Bien à toi,Maxime Camuzat.<br /> <br /> <br />
Répondre